Pourquoi investir dans le luxe ?

Caroline Reyl, gérante sénior du fonds Pictet-Premium Brands

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         Le monde du luxe est un des secteurs qui génèrent le plus de fonds : avec plus de 222 milliards de chiffre d’affaires en 2016, il occupe une place importante dans l’économie mondiale. Nous nous sommes intéressés à l’investissement dans le luxe et c’est pour cela que nous avons convié pour notre première conférence de l’année Caroline Reyl, gérante senior du Fonds Pictet-Premium Brands pour nous en dire plus sur les caractéristiques financières de ce secteur.

L’intervenante a tout d’abord abordé le sujet de la stratégie du luxe, qui se penche sur un positionnement exclusif. Cette perception d’exclusivité, particulière à ce secteur « niche », n’empêche pas une segmentation du marché permettant de proposer des produits à prix plus abordables, tels que les parfums, et accessoires. La conférencière a également insisté sur le côté immatériel du luxe, qui représente la partie la plus importante de ce secteur. Le luxe immatériel, c’est notamment des voyages, des expériences, des services, et bien plus encore.

Après avoir mis en avant les points essentiels de cet univers, Madame Reyl a ensuite mis l’accent sur les dépenses d’achats de luxe liées aux voyages. Ces derniers représentent 50% du montant total de ces achats. Représentant plus d’un tiers du marché du luxe, les consommateurs chinois assurent une croissance importante à ce secteur, croissance proportionnelle à celle de la classe aisée chinoise.

Avec l’arrivée des nouvelles technologies au cours de cette dernière décennie, une adaptation de la part des sociétés de luxe est primordiale. De plus en plus de consommateurs (environ 72% de la part totale du marché) expriment leur opinion au travers des réseaux sociaux. Cette avancée rapide de la technologie a entraîné un débat autour de la divergence entre exclusivité et accessibilité. L’intervenante nous a donc expliqué de quelle manière elle percevait la distribution en ligne et la présence des marques de luxe sur les réseaux sociaux comme une réelle opportunité pour ces dernières. Certaines marques, telles que Prada, ont en effet vu leurs performances boursières plonger, et cela est notamment dû à un refus catégorique d’opter une stratégie plus digitale.

Il est bien évident qu’une telle stratégie n’est pas sans risque. Une perte de contrôle de la distribution des produits de la marque peut ternir son image ; il est donc essentiel de maintenir un contrôle et une surveillance accrus sur leur distribution.

Cette intéressante introduction nous a permis d’en arriver au point central de cette conférence : pourquoi investir dans le luxe. Les différentes caractéristiques financières fortes des sociétés de luxe nous ont été expliquées.

Tout d’abord, les sociétés de luxe génèrent des ventes soutenues, qui sont dues à des facteurs démographiques et sociologiques importants. Les marchés émergeants des pays tels que l’Inde ou la Chine constituent une source importante de croissance du secteur, à hauteur de +6/7 % par an ces dernières années. Si nous suivons le continuum de la croissance depuis 2004, nous remarquons une croissance soutenue jusqu’en 2012, suivie d’une importante décélération de la demande de biens et services de luxe entre 2013 et 2016. Ceci peut être expliqué non seulement par le ralentissement de la consommation chinoise, mais également par les diverses attaques terroristes qui ont fortement impacter le tourisme. Dès 2017, les chiffres de ventes devraient à nouveau retrouver un niveau normalisé.

La seconde caractéristique financière forte du luxe est sa rentabilité élevée.

En analysant le ratio dettes nettes/EBITDA de 2016, nous observons en effet que l’indice du secteur du luxe est négatif (-40%) tandis que celui représentant la totalité de la consommation (MSCI Consumer Discretion), est à plus de 100%. Au moyen de prix soutenus, une efficacité opérationnelle et des économies d’échelle, les sociétés du secteur du luxe réalisent d’importantes marges. Ceci entraîne, à son tour, une augmentation notable des dividendes, assurant un retour sur investissement intéressant et élevé pour les investisseurs.

A l’heure où de nombreuses entreprises ne dégagent pas toujours des bilans rassurants, les sociétés de luxe, pour leur part, affichent des bilans sains, solides et une maîtrise des dépenses capitalistiques. Ceci permet à ces sociétés de générer des cash-flows importants, leur permettant notamment de nombreuses fusions et acquisitions.

La conférence s’est terminée sur une illustration boursière des caractéristiques mentionnées, à partir des chiffres du Fonds Premium Brands. Prenons LVMH par exemple : ses performances boursières ont vu une croissance très élevée sur ces 10 dernières années, affichant une moyenne de 12.9% par an. Loin derrière, l’indice MSCI World (mesure de la performance des marchés boursiers de pays économiquement développés), affiche quant à lui une croissance moyenne de 5.3% par an.

Au-delà des caractéristiques financières fortes du secteur et de ses performances boursières impressionnantes, la conférencière a su nous transmettre la passion de ce métier, « alliant rigueur et quête d’idéal ».

Nous remercions encore une fois Madame Caroline Reyl pour cette présentation passionnante, ainsi que tous les étudiants y ayant pris part, en espérant vous revoir lors de notre prochaine conférence.

                                   EQUIPE Heliste Business&Luxury Association

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Article rédigé par Katarina Houman, le 19 novembre 2017

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